Courrier de nuit

Un réfugié sans-papiers hébergé par une femme charitable avoue avoir commis un meurtre dans une lettre qu’il n’enverra jamais. Une femme abandonnée par son amant pour lequel elle a quitté le Liban retrouve la lettre par hasard et se met à écrire à son tour, comme pour conjurer le sort, dans la chambre d’hôtel où elle attend sans trop d’espoir la fin de ses vingt ans d’errance. Jamais postée, oubliée, la lettre se retrouve par hasard entre les mains d’un autre étranger, bourreau du conflit syrien, qui, à son tour, raconte des épisodes scabreux de son passé, mais la lettre tombe entre les mains d’un autre réfugié. Et ainsi de suite, des lettres anonymes sont relayées par d’autres qui n’arriveront jamais à leurs destinataires. En une centaine de pages troublantes de bout en bout, Hoda Barakat campe des personnages, hommes et femmes, en butte à la misère sociale et à leurs propres démons, et pointe l’incommunicabilité humaine dans notre village planétaire, féru de ses moyens de communication.